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A la une Curtains

Il est temps de raccrocher. C'était officieux, je l'officialise. Deux belles années et demie à critiquer tous les films vus en salle, et plus si affinités. L'envie n'y est vraiment plus depuis quelques mois, et même l'envie d'aller au cinéma. Le rythme a sensiblement baissé, atteignant la triste moyenne d'un film en salle vu par semaine cet été. Pour continuer à parler de cinéma, je peux dire avoir été raisonnablement enchanté par Inglorious Basterds, une nouvelle fois déçu et agacé par Honoré et son Non ma fille tu n'iras pas danser, plutôt convaincu par Audiard et son Prophète, très déçu par L'An 1 de Harold Ramis (auteur du pourtant sublime Un Jour sans fin, ne l'oublions jamais). Plus récemment, j'ai beaucoup aimé le dernier Apatow, Funny People, de loin son meilleur. Sinon que des navets plus ou moins méchants : 500 jours ensemble, Le Petit Nicolas, Lucky Luke.

Cela ne veut bien sûr pas dire que le cinéma sort de ma vie, au contraire. Je continue à regarder des films, encore et encore, et j'irai voir le Haneke, le Jeunet, le Moix, le Resnais. J'attends fébrilement le prochain Jarmusch, Coen, Scorsese. J'ai acheté OSS 117 : Rio ne répond plus en DVD. Mais je n'écrirai plus ici pour donner mon avis sur les dernières sorties. Peut-être un jour, je créérai de nouveau un blog, mais pas tout de suite. L'envie n'y est plus, le temps non plus. J'ai des livres à lire, des films à voir et éventuellement des films à faire, il faut choisir ses priorités. Je disparais et retourne à ma lecture des Somnambules de Hermann Broch.

 
A la une 62ème FESTIVAL DE CANNES

Quelques jours après l'annonce du palmarès (honteux et toujours aussi académique) de la 62ème édition du festival de Cannes, je me suis lancé dans cette folle entreprise qui m'occupera, moi et mon blog, jusqu'à la fin de l'année 2009 : voir tous les films de la sélection officielle, en compétition ou pas, séance spéciale ou pas. Avec en prime, à la fin, un petit bonus : le palmarès de Snifff.

LE PALMARES OFFICIEL

PALME D'OR

LE RUBAN BLANC de Michael Haneke
sortie le 21 octobre 2009

GRAND PRIX DU JURY

UN PROPHETE de Jacques Audiard
sortie le 26 août 2009

PRIX DE LA MISE EN SCENE

KINATAY de Brillante Mendoza
sortie inconnue

PRIX DU SCENARIO

NUIT D'IVRESSE PRINTANIERE de Lou Ye
sortie inconnue

PRIX D'INTERPRETATION FEMININE

CHARLOTTE GAINSBOURG pour ANTICHRIST de Lars Von Trier
sortie le 3 juin 2009

PRIX D'INTERPRETATION MASCULINE

CHRISTOPH WALTZ pour INGLORIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino
sortie le 19 août 2009

PRIX DU JURY ex aequo

FISH TANK de Andrea Arnold
sortie le 07 octobre 2009
&
THIRST, CECI EST MON SANG de Park Chan-Wook
sortie inconnue

PRIX SPECIAL

LES HERBES FOLLES de Alain Resnais
sortie le 21 octobre 2009


LA SELECTION OFFICIELLE

EN COMPETITION

A l'origine - Xavier Giannoli - 14 octobre 2009
Antichrist - Lars Von Trier - 03 juin 2009
Thirst, ceci est mon sang - Park Chan-Wook - sortie inconnue
Nuit d'ivresse printanière - Lou Ye - sortie inconnue
Le Rubanc Blanc - Michael Haneke - 21 octobre 2009
Soudain le vide - Gaspard Noé - sortie inconnue
Fish Tank - Andrea Arnold - 07 octobre 2009
Inglorious Basterds - Quentin Tarantino - 19 août 2009
Kinatay - Brillante Mendoza - sortie inconnue
Les Herbes Folles - Alain Resnais - 21 octobre 2009
Looking for Eric - Ken Loach - 27 mai 2009
Etreintes Brisées - Pedro Almodovar - 20 mai 2009
Carte des sons de Tokyo - Isabelle Coixet - sortie inconnue
Taking Woodstock - Ang Lee - 23 septembre 2009
The Time that remains - Elie Suleiman - 12 août 2009
Un Prophète - Jacques Audiard - 26 août 2009
Vengeance - Johnnie To - 20 mai 2009
Vincere - Marco Bellocchio - 18 novembre 2009
Visage - Tsai Ming-Liang - 04 novembre 2009

HORS COMPETITION

Agora - Alejandro Amenabar - sortie inconnue
Coco Chanel & Igor Stravinsky - Jan Kounen - sortie inconnue
Jusqu'en enfer - Sam Raimi - 27 mai 2009
L'Armée du crime - Robert Guédiguian - 16 septembre 2009
Ne te retourne pas - Marina De Van - 03 juin 2009
Panique au village - Vincent Patar & Stéphane Aubier - Octobre 2009
Là-haut - Pete Docter - 29 juillet 2009

 
Le Ruban blanc
Harry Potter et le Prince de sang mêlé

Warner Bros. France

Le sixième opus cinématographiques des aventures du plus célèbre soricer de la planète nous réconcilie avec le blockbuster. Cela faisait un moment qu'un blockbuster de la sorte ne nous avait pas offert un aussi bon spectacle. Durant 2h30, on se retrouve scotché à son siège par la seule force d'un scénario trouvant enfin l'équilibre nécessaire à une telle histoire. Alors que le précédent opus s'était avéré très prometteur, on était en droit de s'attendre à un film haut de gamme pour deux raisons : le maintien de David Yates, le réalisateur (qui rempile également pour les deux prochains et derniers films) et le simple fait que Harry Potter et le Prince de sang mêlé est sans doute le roman le plus abouti, le plus intéressant de la saga. C'est sûrement celui qui possède également le plus de vertus cinématographiques. Il faut donc féliciter David Yates pour avoir réussi à trouver le bon ton, les bons tons, pour raconter l'histoire de Harry Potter, enfin devenu un véritable adolescent, découvrant l'amour, la vie, la mort. C'est à la fois drôle, tragique, intime et épique et surtout doté d'une cohérence formidable. Certaines scènes sont réellement bluffantes d'un point de vue formelle et nous captive totalement (la scène de champ de blé, la scène de l'Horcruxe) et l'on sent enfin de véritables idées que ce soit au niveau du découpage, du point de vue, de l'esthétique. Nous avons donc pour l'instant trouvé le film de l'été, un film grand spectacle, drôle et émouvant que l'on a déjà envie de revoir. Ajoutons à cela qu'enfin tous les acteurs semblent avoir mûri (fini les têtes à claques), qu'ils se mettent tous à jouer, principalement Daniel Radcliffe et Rupert Grint (véritable pépite comique). Plus un Alan Rickman, fidèle à sa réputation, parfait et un Jim Broadbent hilarant. En outre, l'aspect teenage movie du film ne fait qu'ajouter à son charme, surtout vu la pudeur de l'ensemble qui se démarque un peu des films habituels de ce genre (American Pie, Appatow's productions et leurs rejetons). On pourrait toutefois regretter une chose : que les scénaristes n'aient pas jeter leur dévolu sur le personnage de Voldemort, qui était pourtant, paradoxalement à son absence, le véritable sujet du livre de J.K. Rowling. L'exploration du mal. La piste a été exploré, indéniablement, mais pas jusqu'au bout. Dommage. Mais ne boudons pas notre plaisir, Harry Potter et le Prince de sang mêlé et le film qui se rapproche le plus de ce qu'avait été, il y a un an de cela, The Dark Knight. Alors, chapeau.

 
Harry Potter et le Prince de sang mêlé - ma note pour ce film :
Réalisé par David Yates
Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, ...
Very Bad Trip

Warner Bros. France

Comédie labelisée culte avant même sa sortie, la faute à un engouement critique des plus étranges, tant la comédie américaine regorge de pépites autrement plus passionnante que celle-ci. Todd Philipps a à son actif Retour à la fac, comédie inégale sauvée par le talent de Will Ferrell, et Starsky et Hutch, adaptation de série plaisante. Quatre potes partent fêter l'enterrement de vie de garçon de l'un deux à Las Vegas. Le lendemain, ils se réveillent avec une gueule de bois fracassante, ils ont tout oublié de la soirée de la veille et comble du comble, le futur marié a disparu. Et il y a un tigre dans la suite de l'hôtel. Le concept narratif du film, bien que déjà vu, est la grande qualité et le gros défaut du film. On a donc affaire à une sorte d'enquête, de recherche de faits par les auteurs même des faits. L'ennui, c'est que la partie la plus folle du film ne nous est que raconté, jamais montré (ou trop peu). C'est finalement une comédie trop sage, malgré un speech qui semblait dément. Les trois comédiens sont géniaux, mais cela ne semble pas suffire. On s'amuse, on se marre bien, mais sans accrocher totalement. Dommage, parce qu'il y avait bien mieux à faire. Vivement Funny People, le prochain Apatow, qui s'annonce pour le coup comme la meilleure comédie US de l'année. D'autant qu'Eminem y fera un cameo. Ici, on salive.

 
Very Bad Trip - ma note pour ce film :
Réalisé par Todd Phillips
Avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis, ...
Ce cher mois d'août

Shellac

Deuxième long du portugais Miguel Gomes, Ce Cher mois d'août est précédé d'une très bonne réputation, le film ayant écumé moult festivals (dont Cannes l'année dernière) avant de sortir sur les écrans français. Récit vertigineux et déconstruit jouant avec une certaine audace avec le documentaire et la fiction, chronique d'un mois d'août dans les villages portugais où se mêlent musique de bal, personnages de villages et romances tragi-comiques. C'est à la fois très populaire et cérébral, le film procurant à la fois des plaisirs simples (musique populaire, amourettes de vacances) et plus "intellectuels" (réflexion sur le cinéma, la création, la narration, etc.). C'est stimulant, mais l'aspect brouillon se trouve être plus un handicap qu'un atout. On s'ennuie beaucoup pendant la première heure, se demandant constamment où l'auteur veut en venir, avant d'enfin rentrer dans le récit, lorsque le récit se clarifie et s'arrête sur des personnages précis. Ce cher mois d'août est un film déconcertant à bien des égards, mais déconcertant dans le bon sens du terme. En témoigne ce génial générique de fin, où apparraissent à l'écran les véritables techniciens du film, le temps d'une scène où un ingénieur son loufoque explique pourquoi il entend des sons que l'on entend pas. C'est souvent brillant, mais la forme radicale du métrage fait de ce film un objet bien abscons.

 
Ce cher mois d'août - ma note pour ce film :
Réalisé par Michel Gomez
Avec Sonia Bandeira
Fais-moi plaisir !

Pyramide Distribution

Emmanuel Mouret continue, discrètement, de construire une oeuvre intelligente et cohérente. Avec ce Fais-moi plaisir ! il assume enfin totalement ces velléités burlesques. On navigue ici clairement entre Tati, Edwards, Rohmer, Allen, Guitry, Keaton. Toutes ces illsutres références pourraient être plus gênantes qu'autre chose. Pas chez Mouret, qui fait des films d'une simplicité réjouissante. De laquelle se dégage une forme de poésie à la fois visuelle et parlée grâce à cette courtoisie, cette trivialité polie, cette préciosité désuète et intemporelle. Un univers très personnel où l'on peut parler de choses graves avec une légèreté nonchalante et salvatrice. Emmanuel Mouret semble avoir parfaitement compris l'essence même du héros burlesque, cette forme de sagesse tragique qui le pousse à se relever, à avancer contre vents et marées. La scène de la fête est en ce sens incroyable de maîtrise comique, quasiment muette. Fais-moi plaisir ! est un véritable régal, un petit bijou où l'on disserte sur le désir, l'amour, le couple avec finesse et pudeur. Le style de Mouret faire désormais partie intégrante du paysage cinématographique français.

 
Fais-moi plaisir ! - ma note pour ce film :
Réalisé par Emmanuel Mouret
Avec Emmanuel Mouret, Judith Godrèche, Frédérique Bel, ...
Transformers 2 la revanche

Paramount Pictures France

Michael Bay a en commun avec Spielberg le sens du jeu. Ce sont deux réalisateurs qui aiment s'amuser en faisant des films. Sauf que le second est l'un des cinéastes les plus doués de sa génération, l'autre n'est qu'un bourrin déme(s)uré. Et là, comble du bonheur pour l'auteur de Pearl Harbor, il a à sa disposition 46 robots qu'il va pouvoir mettre en scène dans des bastons bourrines et incompréhensibles qui sont supposées décider du sort de la planète et de l'humanité. Transformers 2 peut se voir comme un idéal de blockbuster, reflet fascinant de la perte idéologique de notre époque, de la bêtise crasse ambiante où détruire les pyramides de Gizeh devient quelque chose de fun. Michael Bay, l'enfant qui joue avec ses robots, nous offre une suite encore plus abrutissante que le précédent opus, encore plus longue, encore plus tout. Avec un Shia LaBoeuf représentant toujours aussi parfaitement le teen cool, un John Turturo qui cachetonne à mort et une Megan Fox plus pouf tu meurs, les lèvres toujours étincelantes de gloss après trois chutes la tête dans le sable égyptien. Et à noter, la petite référence de Michael Bay à lui-même : dans la chambre de Shia, une affiche de Bad Boys, son autre saga culte.

 
Transformers 2: la Revanche - ma note pour ce film :
Réalisé par Michael Bay
Avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, ...
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